La mutation des pratiques éducatives et du statut de l’enfant dont ont été témoins les générations actuelles de sujets âgés


Voir les chapitres  « L’époque que les sujets âgés ont connue dans leur enfance » et « Les changements dont les sujets âgés ont été témoins durant leur vie » dans Arbuz G. Préparer et vivre sa vieillesse, éditions Seli Arslan Paris.

Les personnes âgées, témoins de l’apparition de nouvelles manières de penser et de vivre

Témoins privilégiés des mutations de la seconde partie du XXe siècle, les personnes de plus de 75 ans ont assisté à l’émergence de modes de penser et de vivre qui ont marqués une rupture avec le passé et  ont ouvert de nouvelles perspectives. Premier d’un ensemble de textes qui sera publié sur le blog de la gérontologie, est aujourd’hui présenté le bouleversement des pratiques éducatives et du statut des enfants.

Finalités de l’école autrefois

L’école est individualiste et sélective. Si l’apprentissage de l’écriture et de l’orthographe fait l’objet de beaucoup de soins avant la diffusion des machines à écrire[2],  Ferdinand Buisson, directeur de l’Enseignement primaire en France de 1879 à 1896, oppose les aptitudes intellectuelles qui font l’homme, aux aptitudes pratiques qui font l’ouvrier et seule une petite minorité des enfants issus des classes sociales modestes poursuit des études secondaires.

L’école inculque aux élèves la soumission et le respect, et utilise pour cela des livres comme « Le tour de France par deux enfants »  de G. Bruno[3], qui sera réédité 400 fois entre 1877 et 1904. Dans cet ouvrage, une morale de l’obéissance et de la docilité envers la hiérarchie patronale et celle des autorités est enseignée à ses deux héros, André et Julien. « Etre content des pièces d’argent que l’on gagne par son honnête labeur, tenir sa place et y demeurer, consommer peu et économiser beaucoup en vue des mauvais jours, fuir l’emprunt, et ne pas envier les riches ».(Arbuz p.66 et 68)  « Quand il y a chômage chez le serrurier du bourg, André travaille à la ferme. » En toile de fond à cette éducation morale c’est la France rurale et ses métiers : sabotiers, serruriers,  fromagers, horlogers, chaudronniers, dentellières, mégissiers…. qui est célébrée. Le rôle de l’industrie est minimisé. Les idées de croissance et de développement et d’exploitation du travail et des travailleurs ne sont pas mentionnées. Le « livret », carte d’identité spéciale des ouvriers où sont inscrites les observations des divers patrons et des maires, est présenté comme une institution naturelle.

Son caractère rébarbatif

La discipline règne à l’école et les sanctions sont nombreuses. En 1935 à l’école primaire, se rappelle Monsieur B., les élèves étaient souvent battus. « Monsieur Laty le directeur, se promenait le matin dans les couloirs un bambou dans la main et attendait les retardataires qui arrivaient en culottes courtes et recevaient des coups et des gifles avant de rejoindre leur classe. »

Winston Churchill a sept ans quand il quitte sa famille, sa chambre, ses jouets et sa gouvernante, pour rentrer en  pension dans une des écoles les plus prestigieuses du pays. Dix élèves par classe, l’électricité, une rareté en 1883,  une piscine, des terrains de football et de cricket.  Mais les pensionnaires ne rentrent chez eux que toutes les  7 semaines et le premier maître qu’il rencontre lui tend une grammaire latine et lui demande d’apprendre par cœur les formes de la première déclinaison. Il a gardé un souvenir détestable de ses années d’école, du comportement des maîtres et de la brutalité des châtiments corporels. (Churchill [4] p. 17-19) 

Les livres sont rares dans les familles. Pendant son enfance à Saint-Florent- Le Viel, ville de 3000 habitants située à 50 km de Nantes, Louis Poirier, qui adoptera Julien Gracq comme nom d’auteur, lit ce qui lui tombe sous la main : l’Illustration, Les Trois Couleurs, un magazine patriotique pour enfants, Le Miroir des Sports, les quelques livres de prix de sa mère et l’almanach Vermot découvert au grenier. A l’école communale il a accès à la bibliothèque de l’instituteur et y trouve une vingtaine de livres, dont ceux d’Erckmann-Chatrian, d’Hector Malot et surtout de Jules Verne.

En octobre 1921 à 11 ans,  il entre en sixième au lycée Clemenceau à Nantes. Tout lui semble odieux : l’éloignement de la maison familiale, l’anonymat grisâtre des lieux, la promiscuité, la nourriture médiocre. « C’était une institution rude, aux angles vifs et coupant, où tout mouvement spontané avait chance d’être une meurtrissure, où presque toutes les situations étaient d’inconfort, depuis le dortoir glacé, jusqu’au linge parcimonieux et au poisson ammoniacal … »  Bernhilde Boie   Julien Gracq  Œuvres complètes, tome 1 Gallimard, 1989 Paris, p. LXII et LXIII

Comment l’école était-elle perçue par les familles

Parler, écrire, manifestation du fossé existant entre les classes sociales

Etre savant, bien parler, a été longtemps considéré comme le privilège des riches et des prêtres. Le prestige social attachés à la connaissance décourageait les pauvres d’imaginer prolonger les études au-delà de la scolarité obligatoire. Les paysans, les artisans, et les ouvriers ne voyaient d’ailleurs pas bien l’utilité de ce qu’on apprenait à l’école à l’exception du jour du mariage à la mairie et devant le notaire et elle entraînait des dépenses pour l’acquisition de vêtements, d’un tablier, de livres et de cahiers. Mais l’école avait aussi des avantages.

« D’abord l’école est obligatoire, donc il n’y a pas besoin de se poser des questions. Ensuite c’est un soulagement de les y envoyer quand ils sont petits car on ne les a pas dans les pattes de la journée. Mais il ne faut pas que l’école empêche les plus grands de donner un coup de main quand ils sont en âge… »[5]

Dans les campagnes l’école était souvent éloignée, et le jeune enfant  devait s’y rendre à pied, ou à vélo. Pendant le temps passé en classe il n’aidait pas à la ferme et il ne gagnait pas d’argent. Ce qui comptait c’était la compétence au travail, et celle-ci s’acquerrait  par la pratique, en observant les aînés. Quant à songer à envoyer son enfant au lycée, c’était non seulement le voir partir de la maison pour de longues périodes, c’était  aussi pour la majorité des familles oser défier l’ordre établi. « Pour qui ils se prennent ceux-là » disait-on dans l’entourage des familles modestes qui avaient décidées d’envoyer leur enfant faire des études secondaires.

La curiosité des enfants n’est pas encouragée

Entre les parents et les enfants il y avait un abîme et beaucoup de questions sur la mort, la sexualité, l’avenir étaient autant de mystères dont les enfants devaient être tenus éloignés.

A leurs questions les adultes répondaient : « t’es trop petite pour comprendre, ou c’est trop compliqué pour toi. » p.199 « Maman j’ai mal à la tête, – ça ne montera pas plus haut ». « Maman pourquoi Mme X a un si gros ventre ? Elle a trop mangé de haricots ». « Maman comment on fait pour avoir un bébé ? On le demande au Bon Dieu ».  (Anny Cordié p. 208) 

« Lorsqu’une femme était enceinte, se souvient Monsieur B., ma mère disait qu’il y a une dame qui se trouvait dans une situation intéressante, c’est tout. Lorsqu’au marché elle rencontrait une de ses connaissances, elle nous disait d’aller l’attendre un peu plus loin. Les enfants ne devaient pas écouter les conversations des adultes. » L’enfant était à un stade mineur, qui n’était pas celui de petit adulte.  « Ma propre mère qui s’occupait de notre éducation, était plus sévère que d’autres. Nous n’avions pas le droit de lire le journal, l’Eclaireur de Nice et du Sud Est. Il y avait en 1938 un seul poste de radio, un poste Marconi, dans la salle à manger. Aujourd’hui les enfants se mêlent à toutes les conversations, sont informés sur tout, au repas, ce sont eux qui tiennent le crachoir. C’était l’inverse quand j’avais leur âge. »

Le changement de regard sur l’enfance et sur l’enfant

De nombreuses causes peuvent être citées : le traumatisme laissé par l’hécatombe de la guerre de 14-18 et la hantise du déclin démographique, les succès de la lutte contre la mortalité infantile, des maternités moins nombreuses conduisant à consacrer plus temps, à s’attacher et à donner plus d’importance à ceux qu’on avait mis au monde. Il faut les chercher aussi dans les études menées à la fin du 19ème et dans la première partie du 20ème siècle et dont les résultats aboutirent à une modification du regard porté sur l’enfant, sur la manière d’en prendre soin et de l’éduquer, à l’idée que l’enfant, loin d’être une charge, pouvait être une source de fierté et de bonheur pour ses parents.[6] Les recherches de scientifiques comme Pasteur, sont à l’origine de nouvelles pratiques en matière d’hygiène et d’alimentation. Psychologues et pédagogues prennent leurs distances avec les représentations sociales en vigueur au profit d’une volonté de mieux comprendre l’enfant. Ils portent un nouvel intérêt aux textes de précurseurs longtemps ignorés, dont le plus connu Jean-Jacques Rousseau. En 1899, Ferdinand Buisson et  Alfred Binet animent la société libre pour l’étude psychologique de l’enfant. Alfred Binet élabore avec Théodore Simon en 1905 un test d’intelligence qui fera longtemps référence[7]. En 1909 son livre, Les idées modernes sur l’enfant, est tiré à 15 000  exemplaires. Théodule Ribot en France, Edouard Claparède[8] en Suisse, Raymond Buyse en Belgique, entreprennent des études qui fondent les bases d’une nouvelle pédagogie. En octobre 1912 Edouard Claparède ouvre à Genève une école des sciences et de l’éducation, l’Institut Jean Jacques Rousseau. Henri Wallon  (1879 – 1962), conçoit le développement de la personnalité de l’enfant comme une succession de stades. L’enfant, avec ses goûts, ses aptitudes, commence à être pris en considération. Les études de Wilhelm Preyer sur le jeu de l’enfant, la diffusion des travaux de Jean Piaget[9], de Maria Montessori et d’Ovide Decroly[10] tous deux médecins, bénéficient d’une large audience.

La mise en cause des méthodes éducatives traditionnelles[11]

 Jusque la veille de la seconde guerre mondiale les parents étaient censés connaître le bien et le mal, le convenable et l’inconvenant, ils étaient les détenteurs de la norme, les gardiens de la loi et les enfants leur devaient obéissance sans contestation ni réserve. Il ne fallait pas, surtout en public, « manquer » à son père ou à sa mère. Se comporter comme un enfant insubordonné c’était leur donner l’image de mauvais parents, faibles, incapables de se faire obéir. Pour s’imposer, trois moyens : l’intimidation, la vexation, la punition. Les enfants étaient régulièrement frappés par leurs parents.

Antoine Prost fait remonter aux années 1930-35 la fin de l’époque où les enfants étaient cantonnés dans un rôle inférieur, où ils n’avaient le droit qu’obéir et se taire et les débuts de nouvelles pratiques éducatives. D’abord adoptées par une minorité, elles demanderont une vingtaine d’années pour s’imposer. Avec la presse féminine comme relais, une nouvelle approche de la relation entre parents et enfants, fondée non plus sur l’autorité mais sur la confiance réciproque fait l’objet de débats. En 1938 une enquête du magazine Confidences met en évidence un doute sur l’utilité des châtiments corporels. On leur préfère les privations de dessert, le pain sec, le cabinet noir. En matière de châtiment il faut savoir appliquer le principe de modération, « ne punissons pas trop » recommandait déjà en 1920 le Petit écho de la mode du 11 avril. L’obéissance passive n’apprend pas aux enfants à agir de manière autonome.

« L’obéissance obtenue par contrainte vexe profondément l’enfant qui devient rancunier, sournois », peut on lire dans le numéro de novembre 1955 du magazine Antoinette. « L’intimidation rend les enfants craintifs, peureux. Les vexations, les blessures d’amour-propre, sont également à proscrire ». « Votre enfant risque de se recroqueviller sur lui-même, de préparer sournoisement sa revanche. » (Antoinette numéro de février 1956).

Une éducation de la responsabilité suppose de traiter les enfants comme des individus capables de réfléchir et de comprendre, et de rechercher leur consentement. « C’est comme ça parce que c’est comme ça » fait place peu à peu à une attitude plus ouverte et au dialogue. Entre les adultes et les enfants n’existe plus une différence de nature mais de degré. Autrefois dans les milieux aisés, les loisirs et les lectures des enfants étaient surveillés[12]. La nouvelle éducation permet aux enfants d’accomplir des choses autrefois interdites au même âge. « Notre perspective est d’élever des enfants capables d’élan et d’initiatives » écrit Irène Lézine, psychologue au CNRS, et on ne leur impose plus ni un art d’agrément ni un métier. Conviés à table quand leurs parents reçoivent du monde à dîner, ils peuvent s’exprimer et on répond à leurs questions. Le nouveau système d’éducation oblige les parents à remettre en question leurs attitudes autoritaires et à apprendre l’art de l’écoute et de la négociation[13].

L’école maternelle, lieu d’application des nouvelles pédagogies

On doit la création de l’école maternelle en France à deux inspectrices générales des écoles, toutes deux influencées par les travaux de Johann Heinrich Pestalozzi et de Friedrich Fröbel : Pauline Kergomard (1838-1925), à l’origine de la transformation des salles d’asile, établissement à vocation essentiellement sociale, en écoles maternelles et de l’introduction du jeu et des activités artistiques et sportives dans les activités de l’école, et Henriette-Suzanne Brès (1855-1919, auteur d’ouvrages de pédagogie et de livres pour les enfants, directrice d’école puis inspectrice générale des écoles maternelles de 1894 à 1917. Adoptant les résultats des recherches concernant les modes d’apprentissage, l’imaginaire et les besoins affectifs de l’enfant, elles ont introduit de l’imagination, de la poésie et de la gaieté dans un univers autrefois sombre et austère, contribuant ainsi à la naissance d’une société, plus ouverte, plus tolérante et créative.

La pédagogie mise en œuvre  est fondée sur l’acceptation par les adultes de l’enfant tel qu’il est, avec son caractère propre, sa spécificité, ses besoins affectifs. Ce n’est plus le sérieux, la discipline et le silence qui dominent mais la motivation, l’intérêt, le plaisir de la découverte et de la rencontre. Tout, depuis la configuration spatiale, les formes et les couleurs du matériel des classes, jusqu’aux rythmes, et aux méthodes utilisées et la formation des enseignants, y a été pensé à partir d’une étude des caractéristiques physiques, mentales et psychologiques des enfants en bas âge, et d’une réflexion sur les capacités et aptitudes qu’on souhaite leur voir acquérir. La pédagogie prend en compte la personne de l’enfant dans sa globalité et lui propose des activités spécifiques pour stimuler son intelligence, son imagination et sa sensibilité et pour l’initier à la vie collective. Le cadre matériel n’a rien de commun avec celui des anciennes classes d’asile, tient compte de la taille et de la morphologie des enfants. Le programme ne parle plus de notions, de principes, d’éléments, mais d’exercices et d’activités d’éveil. « L’éducation n’est plus seulement celle de l’intelligence ou de la morale. Des temps sont réservés au développement sensori-moteur, à la découverte des parties du corps, à la coordination des gestes, au sens de l’équilibre et des rythmes. »[14]Alors que précédemment à l’heure du repas ils étaient alignés autour d’une grande table qui pouvait en réunir trente, ce sont des petites tables conçues pour six à huit qui sont installées à la cantine. Enfin dernière idée qui signale, mieux que toute autre, la rupture avec l’ancienne pédagogie, s’exprimer, poser des questions, donner son avis, sont encouragés. La curiosité a cessé d’être une indiscrétion.

Le jeu comme activité pédagogique

L’idée que l’enfant poursuivait ses propres objectifs : découverte de son environnement, de son corps et de ses aptitudes, développement de ses capacités motrices, sensorielles, intellectuelles, a abouti à le considérer autrement, à lui donner un  statut distinct, à lui accorder l’attention, l’autonomie, le matériel adapté pour les réaliser. Autrefois on jouait seulement si l’on n’avait rien à faire, les seules activités sérieuses étaient pratiques, utilitaires. Le jeu autrefois pur amusement, temps perdu, a acquis un nouveau statut, il est devenu éducatif. « Source d’apprentissage, objet de plaisir, voie privilégiée pour interagir avec les autres, le jeu représente l’activité la plus importante de l’enfance. » Il est désormais perçu comme un moyen  pour stimuler l’imagination, favoriser le développement de l’intelligence et la découverte des capacités de l’enfant. « Le jeu éducatif valorise la curiosité, l’expérimentation, les essais et les erreurs. Il favorise une structuration autonome et souple de la personnalité, éloignée d’un façonnement du dehors. » Il signifie aussi que l’enfant possède un univers à lui, des activités qui lui sont propres et que les adultes doivent lui laisser l’initiative et la liberté de développer.[15] L’enfant laissé libre de choisir sélectionnera des exercices en rapport avec son stade de développement, se confrontera à des problèmes qu’il est capable de résoudre. Pédagogie fondée sur l’attention, l’écoute et la valorisation de ses efforts, elle fait confiance à l’enfant, dans ses capacités d’initiative et de choix.                                                                         

Une école où les parents découvrent de nouvelles façons d’éduquer leur enfant

L’école maternelle n’est pas réservée aux enfants, les parents la fréquentent aussi. Ils ne laissent pas leur enfant devant la grille de l’école, mais ils l’accompagnent dans la classe, parlent avec l’institutrice, rencontrent et créent des liens avec d’autres parents. Invités à des réunions pédagogiques ils se familiarisent avec une façon nouvelle de considérer leurs enfants et de les aider dans leurs apprentissages.

Ils ont apprécié l’ambiance chaleureuse qui y régnait, et disent avoir beaucoup appris de leur contact quotidien avec l’institutrice ou l’instituteur. Celle dont ils se souviennent n’est plus le personnage un peu sévère et distant qu’ils ont connu enfant, mais une dame (rarement un homme) souriante et attentive qui leur parle simplement, et qui en plus de son rôle auprès des enfants, est aussi de bon conseil. Deux dames nous feront remarquer que l’impression qu’elles en ont gardé a été influencée par le film, Blanche Neige et les sept nains, de Walt Disney. [16]

Georges Arbuz


[1] Voir les chapitres  « L’époque que les sujets âgés ont connue dans leur enfance » et « Les changements dont les sujets âgés ont été témoins durant leur vie » dans Arbuz G. Préparer et vivre sa vieillesse, éditions Seli Arslan Paris.

[2] Un imprimeur, Latham Sholes, conçoit en 1873 aux Etats Unis la première « type-writer » et s’associe avec le fabricant d’armes Remington pour une fabrication industrielle. La première machine ressemble à une machine à coudre et ne permet que l’écriture en majuscules. Des améliorations successives à partir des années 1880, conduisent à leur utilisation professionnelle et à la multiplication des centres de formation. 

[3] Le tour de la France par deux enfants est un manuel scolaire écrit par Mme Augustine Fouillée (née Tuillerie) sous le pseudonyme de G. Bruno en souvenir de Giordano Bruno, philosophe et théologien italien né à Nola en 1548, mort sous la torture de l’inquisition à Rome le 17 février 1600.  Publié la première fois en 1877, il a été réédité  près de 400 fois! et a servi pendant près de 50 ans (3 générations) de manuel scolaire. On y trouve des recommandations comme celle-ci : « XII, L’ordre dans les vêtements et la propreté « Voulez-vous qu’au premier coup d’œil on pense du bien de vous ? Soyez propres et décents, les plus pauvres peuvent toujours l’être. »

 [4]  W. Churchill  My early life Collins and sons 1959 London,

[5]   Arbuz G. « L’époque que les sujets âgés ont connue dans leur enfance »  dans Préparer et vivre sa vieillesse     opus cité, p. 61

[6]  « Le bonheur de vos petits, c’est bien ce qui compte le plus pour vous ?  Il ne suffit plus de bien élever les enfants, il faut faire leur bonheur et en même temps le sien propre. » peut-on lire dans un numéro du magazine Confidences de 1938

[7] Le ‘Binet et Simon’ est un test d’intelligence mis au point par Nicolas Binet et Théodore Simon en 1905. Il a pour but de détecter les élèves en difficulté dans les jeunes classes. Ce test est à l’origine du concept d’âge mental, repérage d’un âge de développement en regard d’acquisitions intellectuelles attestées chez plus de 75 % des enfants d’un âge donné.

[8] Édouard Claparède (18731940)  médecin et psychologue genevois, Théodule Ribot, 18391916, il est considéré comme le fondateur de la psychologie française,

[9] Auteur de la naissance de l’intelligence chez l’enfant  publié en 1936

[10] Maria Montessori, (1870-1952),  médecin et pédagogue italienne. A l’origine de la création de la première Maison des enfants (Casa dei bambini)  en 1907 à Rome. La Casa dei bambini devient une base de recherche, un laboratoire d’expérimentation où Mme Montessori construit et éprouve sa méthode. Ovide Decroly, pédagogue belge, né à Renaix en 1871 et mort à Uccle en 1932.

[11] Antoine Prost  Histoire de l’enseignement en France  1800-1967 , librairie Armand Colin Paris 1968  et sa contribution à l’Histoire Générale de l’enseignement et de l’éducation en France publié sous la direction de Louis-Henri Parias, Tome IV, Nouvelle Librairie de France, Paris 1981, page 113 et suivantes.

[12] A. Prost, L’école et la famille dans une  société en mutation, opus cité p.121, 127 et 130 

[13]  D’où une école créée à leur intention en 1929  l’école des parents fondée par Madame Vérine

[14] A Prost,  L’école et la famille dans une société en mutation, opus cité   p. 111

[15] Francine Ferland, Et si on jouait ? le jeu chez l’enfant de la naissance à six ans, éditions de l’hôpital Sainte-Justine, Montréal, Canada  2002 p.17

[16] Après le retour de la paix en 1945, en remplacement des séances de lanterne magique au presbytère, on emmène les enfants au cinéma. Il y a foule pour voir Blanche Neige et les sept nains.  On y voit une jeune fille qui fuyant une belle-mère narcissique et cruelle, trouve refuge auprès de petits personnages vivant dans la forêt, dans une chaumière à leur taille. La jeune fille, belle et douce, qu’ils découvrent leur fait penser à leur maîtresse. Un lien est créé entre l’univers du spectacle, le conte de fée des frères Grimm et la classe de l’école maternelle.

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